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Des nouvelles d'Aurélie : "Ce que je retiens de mon parcours de PMA"


Pas d'interview pour cette fois, je voulais partager avec vous un texte que j'ai écrit il y a quelques mois déjà sur ce que je retiens de mon parcours PMA. Vous pouvez d'ailleurs retrouver mon parcours en détail dans cet épisode du podcast.


Pour certains, devenir parents est simple et naturel. Pour d’autres, comme mon mari et moi, cela peut être plus compliqué et nécessiter un parcours de PMA avec fécondation in-vitro. Plus jeune, je m’imaginais maman de deux enfants et aujourd’hui j’ai l’immense chance d’avoir ces deux enfants rêvés à mes côtés. Mon mari et moi avons l’impression que notre famille est désormais complète et nous sommes prêts à tourner la page sur cette partie de notre vie. Mais avant de clore définitivement ce chapitre, j’ai ressenti le besoin de faire le point sur ces cinq dernières années, comme pour ne pas complètement les oublier.

Quand on entre dans le monde de l’infertilité, cela peut être écrasant. Parfois, c’est comme si l’infertilité vous définissait et dirigeait votre vie. Mais quand on a la chance de réussir à avoir des enfants au bout de son parcours, on finit par oublier toutes les épreuves. C'est du moins ce qui m’est arrivé. Avec le recul on peut se dire que finalement ce n’était “pas si dur que ça”, surtout quand cela s’est relativement bien passé, comme pour moi. Mais en réalité un parcours de PMA vous change à jamais.


Cela peut sembler étonnant mais ce qui me semblait le plus insurmontable au début de notre parcours est finalement ce que je vais oublier le plus vite. Ce qui me faisait peur, comme à beaucoup, c’était les injections et les procédures médicales. Alors oui, j’ai eu droit à plus de 200 injections, une cinquantaine de prises de sang, une trentaine d’échographies, 3 anesthésies générales, 2 hystéroscopies… Ces chiffres ne veulent pas dire grand chose. Ils peuvent à la fois sembler affolants pour ceux qui n'ont pas connu un parcours PMA mais aussi paraître tellement peu à ceux qui sont en plein dedans depuis des années. Et au final ce n’est pas ça qui est le plus marquant !


Ce qui restera toujours en moi ce sont les montagnes russes émotionnelles auxquelles on est confrontés lors d’un tel parcours. L’espoir quand on démarre un traitement d’infertilité. L’horreur quand on reçoit son premier lot de médicaments injectables et que l’on voit toutes les aiguilles. La colère et la jalousie quand on pense à la facilité avec laquelle certains couples peuvent avoir un enfant. L’excitation lors de son premier transfert d’embryon, car quelque part on est enceinte jusqu’à preuve du contraire. L’anxiété lors des 2 semaines d’attente entre le transfert d’embryon et le test de grossesse. La montée d'adrénaline quand le téléphone sonne et que l’on voit s’afficher le nom de son médecin le jour du test de grossesse. La tristesse quand on reçoit un résultat négatif. La frustration quand on a l’impression que sa vie est mise sur pause, parce qu’on ne peut rien prévoir quand on ne sait pas quand démarrera son prochain cycle ni combien de cycles seront nécessaires. La joie quand on reçoit l’appel de son médecin pour vous dire que cette fois c’est la bonne et que oui vous êtes enceinte. La peur ensuite de perdre son bébé car cela paraît trop beau pour être vrai. L’amour et le bonheur quand vous avez enfin votre bébé dans les bras.


Au final je dois dire que l’expérience de l’infertilité m’a beaucoup appris. D’abord sur moi-même, il est certain que j’ai perdu un peu de mon insouciance, en revanche j’ai réalisé que j’étais bien plus forte que je ne le pensais. Cela a aussi changé mon rapport à mon propre corps, moi qui étais très pudique je le suis beaucoup moins après toutes ces interventions, mais surtout je suis impressionnée par ce que mon corps peut endurer.


J’ai aussi beaucoup appris sur la procréation. Bien sûr, lorsque tout ne se passe pas normalement pour soi, on a envie de dire que la nature est mal faite, mais je dois quand même reconnaître que la conception d’un enfant est un processus complexe et fascinant. Passer par la PMA m’a permis de m’intéresser de plus près à ce sujet que je trouve passionnant.


Sur une note plus légère, je suis fière de pouvoir dire que je suis experte en acronymes, enfin en acronymes américains car j’ai effectué mon parcours en Californie. 2WW, PUPO, TTC, ART, BFP, PGS, ICSI... ces termes n’ont presque plus de secrets pour moi. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’on pouvait utiliser autant d'acronymes en une seule phrase !


Aujourd’hui je me sens extrêmement reconnaissante. Je suis reconnaissante avant tout envers la science moderne. Je sais que certaines techniques de procréation médicalement assistée sont parfois sujettes à controverses mais, quand on en a vraiment besoin, on ne peut qu’être en admiration devant les progrès de la science. Si nous étions nés quelques années plus tôt, nous n’aurions sans doute jamais eu d’enfants avec mon mari.


J’ai la chance d’avoir une très bonne assurance santé. Cela peut sembler anecdotique pour des personnes qui bénéficient de l’assurance maladie française mais lorsqu’on vit à l’étranger, et notamment aux Etats-Unis où la santé est hors de prix, cela peut faire toute la différence dans le choix de se lancer ou non dans un parcours de PMA et par la suite sur les méthodes utilisées.


Je suis aussi reconnaissante d’avoir pu trouver une excellente médecin. Sa chaleur et son attitude positive m’ont beaucoup aidée dans mon parcours, et grâce à son envie d’être toujours au fait des dernières recherches en fécondation in-vitro, j’ai pu bénéficier de techniques de pointe.


Je réalise aussi ma chance d’avoir une relation solide avec mon mari. Le passage en parcours PMA peut être une véritable épreuve pour un couple. Pour que tout se passe bien, il est primordial d’être sur la même longueur d’ondes que son conjoint pour prendre ensemble les décisions pas toujours simples qui se présentent à nous et surtout pour pouvoir s’épauler dans les moments difficiles.


Le soutien de mes amis et de ma famille a été très important lors de ce parcours. Nous avons la chance d’être entourés de personnes bienveillantes, alors dès le début, mon mari et moi avons fait le choix de ne rien cacher et d’en parler librement avec nos proches. Pour moi, expliquer les traitements aux autres a eu un effet cathartique, comme si me concentrer sur le côté scientifique de la chose me libérait de l’impact émotionnel. Pouvoir partager les moments difficiles nous a permis de nous sentir moins isolés pendant ces périodes si dures à vivre. Et pour moi, pouvoir partager les bonnes nouvelles a aussi été essentiel, car lorsqu’on a connu des déceptions, on a parfois du mal à apprécier les bons moments, par peur qu’ils ne soient de courte durée. Dans cette situation, l’enthousiasme des autres peut aider à savourer l’instant présent.


Maintenant que ce parcours de PMA est derrière moi, je ne veux pas oublier ce qui a fait de moi une maman et je ne souhaite pas cacher la conception particulière de mes enfants. Je suis persuadée qu’en en parlant ouvertement cela fait avancer les choses. D’une part parce que les personnes de mon entourage qui se trouvent à faire face à l’infertilité savent qu’elles ne sont pas seules et qu’elles pourront compter sur moi. Mais aussi parce que toutes les personnes qui ont suivi notre parcours seront, je l’espère, encore plus à même de comprendre et d’aider d'autres personnes en situation d’infertilité par la suite.


Pour finir je dois dire que je n’oublierai jamais qu’il y a de nombreuses personnes qui attendent leur tour pour avoir le bonheur de tenir un jour un enfant dans leurs bras. Cette envie viscérale peut parfois être difficile à comprendre pour ceux qui n'ont pas connu ce manque alors je pense beaucoup à tous ceux qui en souffrent et j’espère que comme moi, leur rêve finira par se réaliser.


Podcasts à écouter

Pour découvrir le parcours d'Aurélie, nous vous conseillons l'épisode suivant :

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